Rencontre de la semaine, rencontre fortuite et surprenante, avec un cas assez fréquent dans l'espèce humaine : le Con, oui certes, mais le Con qui s'ignore !
Le contexte
C'est vendredi soir, retour tranquille à la maison par 28°C dehors. Je pédale depuis un quart d'heure et j'arrive à THE carrefour. THE carrefour avec plein de feux différents, plein de passages piétons, plein de voies. THE carrefour, quoi. J'ai de mon côté trois voies à traverser sur le passage piétons/vélo (oui, la piste cyclable et la voie piétonne sont confondues). Deux voies qui viennent de gauche, une qui vient de droite. Et j'ai deux feux pas toujours synchros pour m'y aider. Mais je gère et mon regard est partout à la fois, pour éviter de mourir bêtement. Oui, mais ce n'est pas le cas de tout le monde :$
En face de moi, un petit monsieur tranquille sur sa jolie bicyclette arrive et voit que le feu piéton/vélo est vert. Il ne freine pas, ne regarde pas et avance. Oui, mais c'était sans compter le petit homme-roquet qui tournait dans sa vieille 205 blanche, sa femme à côté. La 205 pile, l'homme baisse sa vitre (manuellement, ça a pris quelques secondes) et hurle "mais t'es un malade, bordel !". Oui, le con est toujours plein de vocabulaire fleuri et élégant. Le monsieur à vélo n'a même pas vu que l'homme lui parlait ! Alors le roquet s'arrête, râle encore dans son langage élégant et me regarde dans les yeux, à coups de "humpf, humpf", sachant qu'un humpf = insulte sauvage étouffée. Il râle mais ce qu'il ignore, c'est que, techniquement, il a tort...
Lorsqu'il me fixait, j'aurais dû répondre : "mais monsieur, vous avez tort, le feu était vert pour les piétons, et par conséquent, ici, pour les cyclistes. Vous tourniez à droite sur ce carrefour, c'était à vous de céder le passage". Comme il est con, il n'aurait pas accepter d'avoir tort. Alors il aurait dit quelque chose comme "mais de quoi tu parles connasse ! Il s'est jeté sous ma roue, et j'aurais tort ? Tu veux que je te montre si j'ai tort ?". Et j'aurais répondu "mais oui, sortez monsieur, allez-y, montrez-moi si vous l'osez !". Alors il serait sorti, m'aurait regardé dans les yeux, et, taquine, j'aurais dit "vous n'allez quand même pas me frapper", et paf ! Il m'aurait collé une gifle. Je serais tombée sous le choc, me tenant la joue, et lui serait reparti, mais comme j'ai de la suite dans les idées, j'aurais mémorisé sa plaque d'immatriculation, sur sa vieille voiture. Et le soir, au lieu d'aller au théâtre comme prévu, j'aurais dû aller au commissariat, pour porter plainte contre ce con. Ca aurait un peu pourri la soirée !
Beh... rien. Quand il m'a regardé droit dans les yeux, j'ai eu le temps de me faire mon petit scénario dans ma tête, et ma bouche s'est ouverte sans qu'un seul mot ne sorte. Il a eu le temps de repartir, en continuant de meugler des insultes, ces yeux exorbités, sa femme silencieuse à ses côtés. Si le monde est rempli de gens comme moi, il va continuer longtemps à s'ignorer, ce con !!! ^^

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire